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Ces projets seront proposés à des éditeurs jeunesse en fin d’année 2015, l’utopie reine.

« J’ai 3 ans et 1 minute »

(8 pages)

projet (en cours) en trio, illustrateur et traducteur langue bretonne

Je suis allée à Belle Ile un jour, enfin plusieurs. Mon cœur était alors pris de surprises, l’une fut ce phare où des dizaines de chats le soir s’y prélassaient. Puis la deuxième surprise fut d’apprendre l’histoire de ce bagne pour enfant. Un jour au bord de la mer, j’ai entendu un enfant répondre à cette fameuse question : « Quel âge as-tu ? » Une autre des surprises fut sa réponse : « J’ai 3 ans et 1 minute ». Alors j’ai écrit cette histoire mêlant ces 3 surprises.

« A minuit pile, depuis des dizaines d’années, le Phare de l’Ile aux Enfants éclairait pendant quelques minutes la pointe de l’île. Mais aucun bateau ne s’y aventurait : trop périlleux. Autrefois, l’île était occupée par un bagne d’enfants. Une rumeur parcourait alors les chaumières : le fantôme d’un ancien petit voyou hantait ce lieu. Personne n’osait prendre le chemin de terre y conduisant.

André habitait cette île, et bien qu’âgé d’une dizaine d’années, il n’avait prononcé qu’une seule phrase dans sa vie et cela des centaines de fois : « J’ai 3 ans et 1 minute ». Ses parents étaient devenus la risée de toute l’île… »

L’omphalos

(19 pages)

(L’Omphalos symbolise le centre du monde, selon le sens complexe que l’idée de « centre » pouvait avoir chez les peuples anciens, et qui impliquait des notions allant bien au-delà du monde matériel. Il s’agissait donc d’une notion universelle de « centre ».)

 

(vue d’ensemble : Lors de l’accentuation des massacres subis par la ville de Gaza, j’ai osé imaginer un monde où toutes les créations humaines inhumaines (consommation, dogme, médias et monnaie) se détruiraient par l’apparition d’une nouvelle couleur. Celle-ci se pose sur des lieux symboliques néfastes : le sommet des plus grands buildings du monde, la basilique Saint Pierre… ou au creux de lieux naturels : le Gange, un village ou bien également sur la tombe de Mahmoud Darwich. Le personnage principal, ancien instituteur, guide, tel un sage, tout un village vers l’acceptation de cette étrangère. Les villageois se rassemblent, observent les réactions du reste de la planète par les flashs infos du petit écran et leur vision parfois sectaire se transforme en compréhension de l’autre. Cette nouvelle couleur leur fera découvrir, sur leurs terres, la présence de vestiges plus lointains qu’antiques (là, je m’avance un peu, ceci est de la fiction !). Puis, cet édifice révèlera l’existence d’une humanité ancienne où la sérénité régnait.

J’ai choisi ce mot, Omphalos, car il symbolise le nombril du monde et je souhaitais recentrer cette histoire sur le lien que nous portons à la nature et la terre qui nous supporte !)

 

(Début ) :

« Il s’arrêta net. Elle était là, devant lui.

Il devint livide, puis tourna son regard prudemment sans bouger l’ombre de sa peau. Il ne pouvait la connaître car elle n’existait pas auparavant. Sa vue, peut-être sa vue en déclin ? Non. Tout semblait identique à l’avant, à cette avant-vision qu’il eût d’elle. L’arbre aux couleurs vert et marron se dressait ; le ciel sculptait de son bleu les sillons de la rivière ; les coquelicots se pavanaient d’être éphémèrement rouges. Il reprit son teint de vieil homme sage et s’en approcha timidement. En quelques secondes, il saisit que cette présence bouleverserait le cours du temps, le monde, si d’autres que lui la découvraient. »

~

« La fille dans la boîte plate »

(10 pages)

« Il était une fois une fille dans une boîte plate. Ses parents l’avaient si bien rangée, qu’elle était devenue la référence incontournable pour des tas de pères et mères du monde entier. »

Un autre monde, un monde où les enfants vivent dans des boîtes, enfin trois mondes : le Puissant, le Second et l’Invisible. toute ressemblance est bien sûr opportune…

(Vue d’ensemble : lors d’un séjour au bord de l’Atlantique et dans un petit bourg, je me suis rerouvée sans connexion. J’ai donc imaginé un monde où l’écran a pris le pouvoir sur la planète. Les enfants logent dans des boîtes où chacunes reflètent leur niveau de vie ou classe sociale. Le monde est partagé en trois entités nationales disparates : la Puissante, la Seconde et l’Invisible. La boîte plate, munie d’un écran formatant la vie de l’enfant, règne et oppresse le reste du monde. Sol, un petit garçon migrant avec ses parents vers le pays des seconds, va concocter avec Lil, la fille dans la boîte plate, une révolution où même les plumes d’oreillers s’en mêlent.)

 

extrait :

« Le monde Puissant, celui dont la plupart de ses livres vantaient un équilibre parfait, ne l’attirait pas, de toute façon, jamais il n’y accéderait : les frontières étaient fabriquées en boîtes de conserve de foie gras explosif, un seul de ces projectiles et vous étiez transformé en purée crue. Le monde moyen, lui, était entouré de mer, c’était sa frontière naturelle, mais jusqu’à présent, ni les riches, ni les pauvres n’habitaient là. Les riches trop riches pour quitter le monde riche et les pauvres trop pauvres pour quitter le monde pauvre. »

« Le dimanche suivant, ils visitèrent les parents de la boîte la moins chère. Fabriquée avec des résidus de matière plastique, aussi bien la boîte que le drap et le reste, les enfants dès qu’ils bougeaient le moindre petit bout de chair, entendaient le bruit strident du frottement des matières plastiques. Cette boîte était livrée avec des boules Quies. »

 

« Le petit tailleur aux pied-nus »

(13 pages)

Un autre conte où le monde du travail s’ouvre aux enfants tel un univers aliénant. Prévenir nos enfants est la moindre des choses, je pense, pour que ce monde dans lequel nous vivons devienne meilleur ou moins dur…

 

Je revisite dans cette histoire l’aliénation au monde du travail et certains de ses côtés absurdes voire inhumains. Son étymologie, « torture », ne rassure guère et ce petit tailleur errant va s’en apercevoir quand il tombera dans ce royaume où tout est de pierre y compris les objets quotidiens. Un prince loyal mais aveuglé par sa lubie, des conseillers corrompus vivant dans le luxe et enfin des ouvriers oppressés et à bout de force s’enfoncent dans un monde capitaliste. Le jeune prince crée des lois tentant d’alléger le poids quotidien des ouvriers, crée une boisson pour amoindrir leur souffrance, crée un minimum de ressources pour éviter le pire aux travailleurs sans travail… pendant que d’autres s’empiffrent. Le petit tailleur, grâce à son recul, va ouvrir les yeux du prince lentement, en instaurant des métiers variés et utiles où les conditions de vie restent humaines. Et petit à petit, une communauté de partage et proche de la nature prendra vie, évinçant les conseillers véreux. La fin, un éloge au mariage homosexuel : le petit tailleur et le prince se pacsent et adoptent des enfants.

Il était une fois un royaume particulier : un royaume de pierre.

extrait :

« Quand il n’était qu’un tout petit prince, haut comme trois jolies pommes, Pierre, enfant unique, parsemait le royaume de ses rires et de sa bonne humeur. Puis, le jour où le prince, du haut de ses tous mignons un mètre, sut tenir une discussion, ses parents, le roi et la reine, le consultèrent sur la gouvernance du royaume. Leur fils comblait les habitants de gestes tendres et généreux. Chacun lui était reconnaissant de toutes ces nouvelles lois justes et équitables mises en place. Il régnait un climat d’égalité, de fraternité et de liberté.
~
A l’âge de ses sept ans, un triste évènement survint : son père mourût. Au lendemain de l’enterrement, sa mère l’emmena par la main tendrement dans la salle de réunion, le prit sur ses genoux et lui dit :
« Pierre, tu dois à présent porter le royaume du haut de tes sept ans. Nous devons honorer ton défunt père, et pour cela, toi seul, mon fils, sait ce qui est juste et bon pour ton peuple. Nous devons nous méfier des conseillers qui nous entourent. Pierre, certains tenteront de t’amener vers l’injustice pour se remplir les poches. Mon petit Pierre, tu as été le meilleur conseiller de ton père, tu seras le meilleur roi Pierre, j’en suis certaine. Ton royaume sera construit telle une pierre au cœur tendre, un royaume solide et généreux. »

Son prénom résonna dans sa toute petite tête comme une montagne immense sans fin, Pierre, Pierre, Pierre… comme un océan gigantesque sans fond, Pierre, Pierre, Pierre… Il promit de suivre les mots de sa mère. Quelques jours plus tard, la reine alla rejoindre son aimé dans le ciel étoilé.
~
Les jours suivants, Pierre… »

 

Une chandelle pour une sylphe

(10 pages)

(Vue d’ensemble : c’est en scintillant des yeux sur une illustration de Yannick Hatton, que j’ai pensé à tous ces petits gamins dans la lune, y compris nous-mêmes. J’ai tenté alors de faire l’éloge de cet état si magique et de cette singularité enfantine : l’imagination. Pierrot, devenu lutin au fil des siècles, rencontrera sur la lune une sylphe qui l’aidera à balayer les fléaux créés par l’homme. Le racisme, l’oppression, la pollution… disparaîtront au fur et à mesure de l’histoire.)

(Début) :

« Tu me reconnais ? Non ? Je ne t’en veux pas, j’ai un peu moins de 500 ans, j’ai dû prendre quelques rides. Quoi ? Des verrues sur le nez ? Même pas ! Je te raconterai comment je les ai attrapées ces satanées monticules, mais je commence par le début. Je suis né à l’âge de 20 ans, en Italie, tout habillé de blanc. A l’époque, les gens se moquaient de moi parce que je rêvassais tout le temps, j’étais dans la lune. Moi j’étais content d’être dans ma bulle. Parfois, j’atterrissais sur le sommet de montagnes en neige bien chaude où je glissais sur les fesses ou bien je plongeais dans des océans aux vagues multicolores où je surfais sur le dos d’un ange ou alors je sautais sur des tapis de champs de plumes qui me chatouillaient sous les bras. Un vrai délice de rêves de lune.

Puis un jour, j’ai entendu le mot guerre, et là, je suis tombé de ma bulle comme un avion sans ailes. Bam, sur le pif, hop, une bosse sur le nez. La guerre des bancs avait sonné. Tous se battaient à coup d’agrafeuses pour asseoir leurs derrières sur le banc le plus confortable. Dingue ! Et quand l’un y arrivait, il agrafait un carton sur le bois et inscrivait son nom. Pfou ! Quelques minutes après, un autre venait le débusquer et hop, même combat : « mon banc ».

Je me suis éloigné en me tâtant le nez, aie ! Puis je suis retourné dans ma lune. Hum, quelle douceur ! Une sylphe toute bleue sculptait un nuage en forme de bouche. Elles étaient resplendissantes toutes les deux. La bouche commença à … »

« La fille du premier rang »

Extrait

« Aujourd’hui, j’ai couru à ma rivière, celle près de la barrière. Je me suis dit que je devais trouver une idée, une idée pour que la fille assise au premier rang de ma classe tourne sa tête et me regarde comme une amoureuse, la mienne.

Il paraît que le regard des amoureux est pas comme les autres. Moi, j’ai essayé de le voir devant la glace dans l’entrée de ma maison, mais j’ai rien remarqué. J’ai mis le doigt dans mon œil pour voir s’il avait changé, non, il était comme avant, et l’autre œil aussi, comme quand j’étais petit.

Pourtant, je suis amoureux de cette fille du premier rang, en vrai. Je le sais. Quand je la regarde, les coins de ma bouche se plient tout seul, sans que je leur demande et mes bras sont comme ceux de la statue sur la place de l’église, ils bougent plus. Mes mains, elles pendent, elles se balancent comme si elles étaient perdues.

J’ai sauté par dessus la barrière et je me suis penché au dessus de ma rivière. J’ai vu ma tête, mais c’est pas ça que je cherchais. Je cherchais une idée. J’avais déjà essayé plein de trucs pour que la fille du premier rang se retourne et me regarde, mais ça n’a pas marché. Une fois, je suis tombé de ma chaise exprès et après j’ai eu mes fesses en compote, une autre fois, j’ai toussé en faux à m’en faire tousser en vrai. Mais rien à faire, la fille du premier rang ne s’est jamais retournée. »

 

« Plic, la petite goutte »

Le cycle de l’eau pour les tous petits bambins. j’avoue avoir demandé à mon fils de 16 ans de me donner un cours sur ce cycle enfoui dans ma mémoire ! c’est quand même plus simple que de lire Deleuze…

tout début :

« Plic ! Une petite goutte tomba du ciel sur le petit nez d’Octave.
Elle roula sur sa joue et se glissa au coin de son oreille.
La petite goutte lui dit : «Bonjour Octave, je m’appelle Plic, je suis une petite goutte. Je suis ravie d’atterrir dans ton jardin. » »

 

 « Rose et Cristal d’Or »

Rose patientait depuis peu dans le rayon « parfums et soins du corps » d’un immense magasin. Elle se sentait heureuse tout simplement d’exister. Tout à coup, elle entendit des ricanements, puis un mot vola près d’elle : « petite ». Elle aperçut alors ses collègues et une larme naissante s’enfuit de son corps.  Elle pensa tout bas mais si fort : « Je suis donc si ridicule ? » …

 

« Sous l’arbre »

Extrait :

Il faisait nuit. Un tout petit garçon en pyjama marchait dans la rue. Il s’arrêta près d’un arbre entouré d’une grille et s’assit près de lui. Il plongea sa main dans les trous de la grille et gratta. Un homme titubant légèrement, arriva près de lui et lui dit :

«  Que fais-tu ici?

Le petit garçon leva la tête et répondit :

– Aide-moi, je veux voir en dessous de l’arbre ce qu’il y a. »

L’homme ne s’étonna pas et se mit accroupi près de lui tentant de mettre sa grande paluche dans un trou de grille et bafouilla :

– Je ne peux pas, attends, je vais chercher un morceau de bois ou de ferraille là-bas dans la poubelle. » …