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Tout à coup je fus prise d’un tremblement de vie, je grelottais d’envies d’une seule vue. celle de son regard. au creux d’un aveu, je me sentis espérée. mais jamais personne n’attend personne. mon radiateur, un bloc de glace. Je n’étais qu’une pierreuse et me voilà pleureuse. Je pleure des pierres et mes larmes se fendent. mon fauteuil vert, un bloc de granit. la vie comme bloc notes.

Il était une fois un collectionneur de regards, si féru qu’il oublia le reste. Un soir, les astiquant de tout son cœur, il s’aperçut qu’il en manquait un. Un regard perdu à tout jamais ou un regard égaré à rien toujours. Il ne savait où le chercher, nulle part ou partout. Il s’affola, se mit à arpenter les yeux de tous, arrachant l’espoir d’une reconnaissance. Il consacra toute sa vie à cette quête, se délaissant, mais en vain.

Il était allongé sur un lit d’hôpital, si vieux et si seul. Son infirmière attitrée depuis des années se pencha au dessus de lui et posa un baiser sur ses paupières fermées. Il sentit cette chaleur et comprit que c’était son propre regard qu’il avait fuit depuis tant d’années. Alors il mourut à cette seconde-là, soulagé.

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